Portrait d’entrepreneuse : l’interro écrite de « KAACHAÇA »

 

J’ai fait la connaissance d’Andréa il y a quelques temps via les réseaux sociaux. Nous étions toutes les deux en plein travail sur nos projets respectifs.
Mompreneur Parisienne ultra-dynamique, Andréa s’apprête à lancer Kaachaça, sa marque d’objets design pour animaux. Mais je ne vous en dis pas plus et je vous laisse découvrir son univers dans ce portrait d’entrepreneuse créative !

Let’s go !


 

Bonjour Andréa ! Peux-tu te présenter et nous parler un peu du projet Kaachaça ?

Bonjour, j’ai 33 ans. Ex-journaliste et présentatrice télé, notamment sur des chaînes de sport. J’aime en effet le tennis, mais pas seulement !  Je suis également passionnée de design.
Sans oublier l’essentiel…. Je ne conçois pas ma vie sans un animal de compagnie à mes côtés ! C’est de là que part Kaachaça.

Plus qu’un projet, je propose d’adopter un nouveau style de vie : vous aimez la déco, les objets de créateurs, et votre animal fait partie de la famille. Il a donc lui aussi le droit de dire non aux affreux paniers en plastiques. Pour résumer,  j’apporte une solution esthétique et confortable aux accessoires d’intérieur destinés à nos animaux.
Mais le projet Kaachaça va bien plus loin : il est amené à devenir le premier concept store du design pour maîtres cools ! Chaque objet destiné à nos quadrupèdes aura été exclusivement dessiné par des jeunes designers de talents. 

Pour terminer, Kaachaça s’emploie à suivre une charte éthique scrupuleuse. Une fabrication « made in France », une emprunte carbone faible et un maximum de matériaux biodégradables. Je veux faire partie de cette génération de startup qui répond à la prise de conscience écologique de notre époque. C’est ici et maintenant qu’il faut agir. La maman que je suis en est convaincue.

Quand et pourquoi as-tu décidé de te lancer dans l’aventure entrepreunariale ?

C’est justement à la naissance de ma fille que j’ai eu le déclic. J’avais alors environ 30 ans, et un job « de rêve ». Mais je ne me sentais pas à ma place, avec l’impression que ma vie défilait sans pouvoir la contrôler. Et puis je trouvais absurde d’aller au boulot juste pour payer la nounou !

C’est là que j’ai dit stop. Mon ancienne boîte m’offrait la possibilité de partir en douceur via un plan de départs volontaires. L’aventure entrepreneuriale pouvait commencer ! 

Que trouves-tu le plus difficile dans ce projet ?

Je n’en suis qu’à la genèse du projet, mais je peux déjà citer trois difficultés auxquelles je suis confrontée presque quotidiennement.

D’abord la frustration : quand on monte un projet, rien n’est simple. A chaque petit problème résolu, un autre s’immisce, et cela constamment !  Donc on avance moins vite, et surtout beaucoup de choses ne dépendent pas de nous ! J’ai beau être une fille énergique, je ne peux pas contrôler les délais de mes partenaires. Frustrant !

Autre aspect compliqué à gérer : le machisme ordinaire. N’oubliez pas que la déco et le design font avant tout appel aux métiers de l’artisanat. Ce sont traditionnellement des « métiers  d’hommes ».  Sans rentrer dans les clichés, parfois lorsque j’appelle des prestataires pour des devis ou des conseils, on ne me prend pas au sérieux. On m’appelle « ma p’tite dame » et on me parle avec condescendance. Comme si je ne maîtrisais pas mon dossier ! On m’a même raccroché au nez !  Il m’est arrivé de demander à l’un de mes designers – homme –  d’appeler un prestataire à ma place, histoire que ma demande soit prise en compte. C’est triste, mais cela arrive. Fort heureusement, les choses bougent et la plupart des gens que je rencontre ont un regard bienveillant sur mon projet et la personne que je suis.

Dernière difficulté, qui selon moi est liée aux grandes tendances entrepreneuriales du moment : si ton concept n’implique pas la fabrication d’un objet connecté, tu intéresses moins. Par exemple lorsqu’il a fallu trouver des partenaires pour les prototypages, j’ai essayé de me rapprocher de certains lieux collaboratifs, avec lesquels j’ai d’ailleurs gardé de bons contacts. Mais j’ai eu le sentiment qu’un désintérêt s’est installé lorsque j’ai expliqué que mon projet ne ferait pas appel à l’innovation technologique. Notre époque, dopée à l’inventivité, se focalise beaucoup là-dessus. Mais je n’ai pour l’instant pas envie de créer une énième gamelle connectée.

Au contraire, qu’est ce que tu aimes le plus ?

J’apprends ! Tous les jours ! Être entrepreneur n’est pas un métier, c’est un état d’esprit !
Je comprends beaucoup mieux les gens, les difficultés ou les joies qu’ils peuvent rencontrer dans leur travail.

Je parle avec des menuisiers qui m’expliquent leur quotidien. Je commence également à voir à quel point il est difficile de gagner sa vie et acquérir des droits en tant qu’indépendant. Je constate que le « made in France » coûte excessivement cher à produire. Je réalise enfin que mon action peut avoir des conséquences sur la planète, alors je m’informe.

Bref, je n’ai jamais autant appris qu’en étant entrepreneuse. Pas de routine ! Et puis travailler avec des animaux, quel bonheur ! Moi qui rêvais petite d’être vétérinaire, j’y suis presque en quelque sorte ! Mon chat Rodger est testeur en chef de mes produits. Lui et moi c’est Tic et Tac ! Vous pouvez d’ailleurs suivre ses aventures sur l’Instagram de @kaachaca_officiel.

Entreprendre demande toujours de l’implication… Comment gères-tu ton équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle ?

Pour l’instant je travaille depuis la maison. Bébé est à la crèche la journée et son papa m’aide énormément. Mais j’attends de voir le moment où je vais commencer à commercialiser mes produits !
À mon avis, ça ne sera pas la même chanson ! Pour le moment je profite, à chaque jour suffit sa peine. 

Quel conseil donnerais-tu aux futures mompreneurs qui, comme toi, ont envie de changer de cap pour créer leur entreprise ?

J’ai envie de dire : on n’a qu’une vie ! Lancez-vous pour ne jamais regretter.

Après, j’ai aussi conscience que tout le monde ne peut pas tout lâcher financièrement pour aller vers l’inconnu. Mais si cela vous est possible, n’ayez pas peur du lendemain parce que demain, qui peut prédire ce qui arrivera ? Et puis pour les entrepreneuses qui sont également maman, l’histoire raconte qu’une fois que le business marche elles perdent ce qu’elles étaient venues chercher dans l’entreprenariat : la liberté.
Mon conseil sera celui que j’essayerai d’appliquer si un jour Kaachaça cartonne : ne pas oublier l’essentiel, à savoir sa famille, ses proches.

Enfin, soyez sincère dans votre démarche. Vous n’arriverez pas à convaincre qui que ce soit si vous ne croyez pas vous-même en votre idée. Pour moi c’est la clef.  

Où pourra t-on se procurer les créations Kaachaça dès leur lancement ?

La stratégie marketing et commerciale de Kaachaça est en cours d’élaboration. A priori, je souhaite que la marque fonctionne en pure player, c’est-à-dire uniquement via son site internet. Ce qui ne m’empêche pas de réfléchir également à d’autres canaux de distribution. Mais avant tout, il faut se faire connaître ! Cela demande du temps et aussi de l’argent.

Les prochaines grande étapes pour ton entreprise ?

Lancement du premier produit vers septembre, associé à une campagne de crowdfunding qui je l’espère aboutira. Si mon concept plait et arrive à toucher les gens (et leurs animaux !), j’espère rapidement trouver des investisseurs pour me développer rapidement et à l’international. Le chemin est encore long !

 


Un grand merci à la belle Andréa pour son partage d’expérience ! 
Je ne sais pas vous, mais moi j’ai hâte de découvrir ses créations ! En attendant, nous lui souhaitons bon courage pour la dernière ligne droite de son projet et plein de succès pour Kaachaça !

 

Ce portrait vous a plu ? Y’a t-il un(e) entrepreneur(se) en particulier qui vous a tapé dans l’oeil, pour qui vous souhaiteriez en savoir plus ?
Vous aussi vous êtes une mompreneur dynamique avec des projets plein la tête ? Venez raconter votre histoire sur le blog !

 

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7 Comments

  1. Reply
    ELIE CLAUDINE

    Félicitations Andréa…une première étape franchie….l’esprit entrepreneurial est en route et efficace.
    Lors d’une création d’entreprise commerciale, qu’elle soit via le Net ou en boutique, façon plus traditionnelle de vendre ses produits, il est plus que nécessaire de pouvoir faire des échanges avec des personnes ayant une certaine expérience dans le domaine.
    Notamment pour l’étude de clientèle, pour le point d’équilibre, etc….
    Si je peux, je me mets à ta disposition pour t’aider dans cette magnifique aventure.
    J’ai au cours de ma carrière, participé à la création de trois entreprises à but lucratif et une à but non lucratif.

  2. Reply
    Marlene

    Je suis mompreuneuse photographe (a mi-temps je travail encore en usine car pour le moment mes revenus de la photo ne suffisent pas)
    J’admire les gens comme vous qui se lancent a fond et sont a 100% sur leurs projets
    Felicitations

  3. Reply
    Madila Thaïs

    j’adore cet interview, le cadre de ce blog, les objets que l’on voit, et le chat …

    1. Reply
      MINT PANTARI Post author

      Bonjour Madila ! Merci beaucoup 🙂 D’autres interviews sont en préparation, j’espère que ce sera l’occasion de faire découvrir encore plein d’autres créatrices/entrepreneuses de talent !

  4. Reply
    Decaudin Andréa

    Un grand merci Marlène. Gardez la motivation pour votre activité de photographe, c’est la passion qui rend heureuse et nourrit l’esprit.

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